Trois questions à Monique Ciprut
Par Martine Denoune, journaliste
MC : J’ai effectivement réalisé mes premiers croquis au cours de séjours en Orient et l’influence des couleurs, atmosphères et architectures des pays visités a été par la suite déterminante dans ma démarche artistique.
Aujourd’hui mon travail s’est épuré pour ne retenir que l’essence de cet « ailleurs » : la lumière, la trace, le mouvement…. Le voyage devient un cheminement personnel qui reste cependant en contact étroit avec un nomadisme originaire. D’ailleurs dans les ports de Normandie ou de Bretagne où je séjourne souvent, l’appel du Grand Large n’est jamais bien loin !
MC : Souvent le tableau se présente à moi comme une page d’un livre à écrire. Et l’écriture qui jaillit d’une gestuelle rapide et rythmée va structurer l’espace. Ces signes traduisent une émotion, une joie, un espoir, une mélodie … Parfois un contenu imaginaire ou réel s’impose spontanément. Texte sacré, code juridique, lettre, message personnel, SMS…, emplissent subjectivement de sens le travail de création. Mais en l’absence d’une calligraphie identifiée et donc lisible c’est au visiteur d’interpréter le texte et d’inventer l’histoire …! A la manière d’une chronique qui pourrait être interactive.
MC : Avec l’aquarelle, je peux capter toutes les facettes de la lumière. Lumière du petit matin ou lumière du soir que l’on trouve dans les pays d’Orient mais aussi en France du côté d’Honfleur ou sur le port de Bénodet.
Je travaille l’aquarelle avec d’autres supports comme la gouache ou la Feuille d’or. Chez les anciens, l’or servait de vecteur pour représenter la lumière.